COMMUNIQUÉ DE NOTRE PRÉSIDENT LUC FORTIN


 

Le 29 septembre, le Devoir publiait un article intitulé « Producteurs et artistes s’affrontent autour des droits d’auteur » . Comme le mentionne ce texte, l’ADISQ tente d’obtenir une ordonnance visant la GMMQ et l’UDA afin d’empêcher les chanteurs et musiciens de céder certains de leurs droits, pourtant prévus par la loi, à une société de gestion collective des droits, nommément Artisti.  Je vous invite à consulter un document qui a été mis en ligne par Artisti, qui explique très clairement cette situation.

 

Nous sommes tous conscients que le marché de la musique enregistrée est dans une phase de transformation majeure, qui a fait voler en éclat le modèle traditionnel.  Il est important de s’adapter aux nouvelles réalités et de permettre que les artistes-interprètes soient justement rémunérés pour le téléchargement ou le streaming à la demande des enregistrements sonores. L’ADISQ devrait plutôt faire preuve d’ouverture et regarder avec tous les intervenants comment on peut évoluer vers une nouvelle façon de voir les choses. Malheureusement l’ADISQ préfère  s’accrocher, au prix de coûteuses procédures, au modèle traditionnel qui avantage les producteurs subventionnés qui mettent des artistes sous contrat – et qui embauchent aussi des musiciens pigistes payés une fois lors de l’enregistrement d’un « album » physique.

 

Le monde a bien changé, les créateurs ont maintenant accès à une panoplie d’outils de production et de marketing et ils sont parfaitement à l’aise avec la nouvelle économie numérique. Pourquoi rester dépendant de subventions versées à de tierces parties qui obtiendront tous les droits, commercialiseront des œuvres sur des CDs physiques dans un marché en perte de vitesse, et ensuite ne pas toucher un sou quand les enregistrements sont diffusés à travers le monde sur Internet? Pas surprenant qu’aujourd’hui de moins en moins d’artistes trouvent leur compte dans un contrat de disque traditionnel. À preuve, de plus en plus d’artistes produisent et commercialisent leurs enregistrements eux-mêmes. Vouloir  exproprier ainsi tous les droits exclusifs des interprètes, c’est maintenir à tout prix un système inéquitable qui défavorise les artistes. L’ADISQ a beau demander 15 millions au gouvernement pour s’adapter à l’ère numérique, tout cet argent risque de ne jamais aider les artistes si on maintient le modèle actuel. De plus,  on doit revoir  le modèle de fond en comble  au niveau de l’aide à la création, un secteur  qui reçoit  moins de 1% de tout ce qui va en aide à la production.

Les consommateurs d’aujourd’hui et de demain écoutent surtout en ligne et dépensent plus en abonnements qu’en achat de musique : le modèle de l’avenir devra faire en sorte que les diffuseurs de contenu, y compris les fournisseurs d’accès sur Internet, paient pour s’acquitter de ces droits et rémunèrent enfin équitablement tous ceux qui possèdent ces droits. 


Luc Fortin